Comment réussir à échouer

Comment réussir à échouer

Il existe déjà énormément d’articles et de livres apprenant les secrets pour réussir à réussir. Cependant, malgré les tonnes de contenus traitant du sujet de la réussite,  il est très malheureux de constater que cette dernière est très loin de répandre sa lumière sur la totalité du globe.

Mais alors, pourquoi malgré toutes les informations à disposition, l’échec est plus répandu que la réussite ?

Si vous n’arrivez pas à valider votre doctorat en réussite malgré tous vos efforts, peut-être que ce petit cours sur l’échec vous permettra de passer un palier dans votre apprentissage. En effet, peut-être faut-il comprendre et maîtriser l’échec avant de comprendre et de maîtriser la réussite ?

Aujourd’hui, c’est Monsieur Paul Watzlawick (le professeur qui vous a appris à faire vous mêmes votre malheur dans cet article) qui va vous offrir les 11 flèches empoisonnées afin de vous apprendre comment réussir à échouer à coup sûr.

1/ La sécurité

L’obsession de la sécurité est sans aucun doute l’un des pièges les plus mortels pour un individu. Autant vous le dire tout de suite, le monde est dangereux et vous pouvez mourir à tout instant. Oui le risque est permanent : en voiture, en avion, dans la rue, chez vous etc… Vous n’êtes à l’abri de rien. En effet la sécurité est illusoire. La recherche constante de sécurité va focaliser votre esprit sur les problèmes. Les difficultés potentielles vont vous bloquer et vous empêcher d’agir. C’est pourtant dans l’action et donc la petite prise de risque que se trouvent les résultats. Ne laissez plus jamais la recherche déraisonnable de sécurité vous saboter.

2/ Toujours plus de quantité

Vous êtes malades, vous prenez une pilule bleue qui vous fait du bien. Ce médicament que vous prenez est très efficace et vous vous dites alors que pour accélérer votre guérison, vous devriez prendre logiquement deux pilules ou peut-être même trois. Au final, seriez-vous guéri plus rapidement ? (ou guéri tout court…). Vous vous entraînez une heure par jour pour perdre du gras, vous maîtrisez votre alimentation et cela fonctionne à priori très bien pour vous. Est-ce que le fait de vous entraîner deux fois plus et de manger deux fois moins, va précipiter l’obtention de votre corps athlétique ? Vous avez lu cinquante livres sur le bonheur, et vous êtes toujours autant malheureux. Est-ce qu’un un, dix ou cinquante livres de plus vont faire la différence ? Vous avez compris le principe : deux fois plus n’est pas nécessairement deux fois mieux.

3/ Le contraire de quelque chose de mal est quelque chose de bien

La pensée manichéenne est le fait de séparer les choses sans nuances (le bien et le mal, la justice et l’injustice, le beau et le laid etc.). Votre vision du monde et de la réalité ne sont pas plus légitimes que celles des autres. Ce n’est pas parce que vous pensez être dans la vérité, que les autres sont dans le faux. Croire que vous voyez la vérité et que les autres sont insouciants et dans le faux, est un excellent moyen pour atteindre l’échec. Donc maintenant, au lieu de critiquer les gens et de croire que ce que vous faites est meilleur, continuez à agir afin d’inspirer les autres, arrêtez de pousser les autres. Plus vous allez pousser, plus vous allez être repoussé.

4/ a et b sont les deux seules possibilités

Imaginez : nous sommes en 1334 et vous êtes le propriétaire d’un château assiégé par un ennemi féroce depuis des semaines. Il ne vous reste plus que deux sacs d’orge et un bœuf pour nourrir votre peuple. Deux possibilités s’offrent donc à vous : a) mourir de faim ou b) vous rendre. Vous ordonnez à vos hommes de tuer le bœuf, de le remplir d’orge et de le jeter au-dessus des remparts pour l’offrir à vos ennemis. Ces derniers abandonnent le siège persuadés qu’il vous reste assez de provisions pour tenir encore des semaines. Vous avez donc réglé le problème en utilisant la réponse c. Rappelez-vous de ce choix malin que vous avez fait pour sauver votre peuple en 1334 quand vous devrez choisir entre le vrai et le faux, ou entre a et b. Il existe peut-être d’autres solutions et réponses.

5/ Si l’un gagne, l’autre doit perdre

Les jeu à sommes nulles implique que le gain obtenu par une personne entraine une perte chez une autre personne. Voir des concurrents plutôt que des partenaires, cherchez constamment la compétition et écraser les “adversaires” sont également un très bon moyen d’arriver à l’échec. Essayez plutôt les jeux à sommes non nulles. Dans ce dernier cas, soit tout le monde gagne, soit tout le monde perd. A force de vouloir toujours vous approprier seul la victoire, vous finirez sans aucun doute seul dans la défaite.

6/ La suprématie du monde digital

Les ordinateurs étaient des formidables outils pour l’Homme. De nos jours, ce sont les Hommes qui ont pris la place des outils. Regardez le temps que vous passez sur votre écran d’ordinateur à vous “distraire” ou bien à chercher un tas d’informations. Ah les informations… Cela nous amène au poste de télévision, une formidable invention pour le business et les Hommes de pouvoir. Vous baignez constamment dans un océan de négativité et donc de peur. La peur vous empêche de raisonner correctement et donc d’agir. En vous laissant envahir par le monde digital, vous vous laissez envahir par l’échec.

7/ Cause perdue, l’autre ne comprend rien

C’est la faute de l’autre, car sinon, où la faute peut-elle bien être ? Il existe de réelles différences de raisonnements par exemple, entre une personne utilisant principalement l’hémisphère gauche de son cerveau et une personne utilisant l’hémisphère droit. Il existe aussi de grandes différences entre les raisonnements des femmes et des hommes. Le problème, c’est que comme vous êtes ancré dans votre point de vue , celui-ci apparaît donc comme pure logique. Vous avez donc l’impression d’être mis en danger quand une personne ne raisonne pas comme vous, ou pire, quand elle vous dit carrément que vous avez tort. Ceci  amène un conflit qui peut être totalement évitable, si chacune des deux parties faisait l’effort d’embrasser le point de vue de l’autre afin de chercher vraiment à comprendre. Mettez donc votre ego de côté.

8/ Le contrôle absolu

C’est terrible, vous n’avez pas le contrôle sur tout. Vous aimez l’ordre et vous avez horreur du désordre ? Vous avez un problème. En effet l’ordre et le désordre sont en constante interaction. Sans ordre il n’y a pas de désordre, et sans désordre il n’y a pas d’ordre. Ne cherchez pas à vouloir tout contrôler et à militer pour un ordre absolu, c’est mieux comme ça. Oui, c’est un excellent moyen d’éviter d’envoyer votre flèche en plein cœur de la cible de l’échec.

9/ Le changement radical

Il faut viser la lune pour tomber dans les étoiles. Il faut y aller à fond et d’un coup, pas de place à la modération, ce principe est pour les faibles. Nous vivons dans une société de l’immédiat qui prône le culte de la douleur pour atteindre la réussite. C’est bizarre, car quand on regarde de plus près, les pratiquants de cette idéologie tiennent rarement dans la durée pour la très grande majorité. De plus, on nous bassine sur le fait de rêver grand, car un petit rêve n’est pas stimulant. C’est en partie vrai. Mais alors, pourquoi la majorité des gens sont frustrés dans leur vie ? Pourquoi  n’arrivent-ils pas à créer un changement radical ? La mer est composée de petites gouttes de pluie et par les fleuves qui se jettent en son sein. L’océan se compose de centaines de milliers de petites vagues. Sans ces petites vagues, l’océan n’est pas l’océan. C’est pareil pour le changement : un grand changement se compose toujours de petits changements, c’est la méthode des petits pas.

10/ La haine de soi

Le négatif attire le négatif. Comment pensez-vous attirer la sympathie des autres si vous n’êtes même pas capable de vous apprécier et de vous respecter ? Faire ceci n’est pas la solution. Continuez votre quête de sens dans la positivité, le monde se montrera à vous d’une nouvelle façon, il est votre miroir.

11/ L’herbe est plus verte ailleurs

Est-ce que c’est cette femme ? Est-ce que c’est cette nouvelle voiture ? Ou non, peut-être que c’est dans le futur ? Non mais attendez un instant, vous cherchez quoi exactement ? “Il n’y a rien de plus décevant qu’un espoir réalisé, et rien de plus séduisant qu’un espoir qui ne l’est pas encore “ (Paul Watzlawick). Vous ne trouvez pas ? C’est peut-être la quête en elle-même que vous cherchez, non ? Je vous laisse réfléchir. En tout cas une chose est sûre : on trouve quand on vit à fond le moment présent.

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Crédit photo par Jean-Christophe Le Brun

2 Comments

  • Je crois que la première flèche empoisonnée a été la plus courante pour moi en ce qui concerne mes échecs. Trop longtemps dans ma zone de confort à choisir les chemins les plus sûrs…

    • Anthony Mykytiw

      Reply Reply

      Merci pour ton retour:)
      Pour ma part, la septième flèche est celle qui me fait le plus mal, je la retire de moi petit à petit…

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