Le culte du héros

le culte du héros

Le culte du héros est un pilier sur lequel repose notre société occidentale. En effet, qui peut rester insensible à ces personnes hors du commun qui font de grands sacrifices, qui se battent constamment contre eux-mêmes et le monde entier, et qui frôlent constamment les frontières de la mort ?

Dans notre société nous aimons les héros. Nous voulons leur ressembler. Chez nous, une victoire a de l’importance à nos yeux seulement si cette dernière a été acquise dans la douleur dans la souffrance, au prix d’efforts acharnés.

Nous avons une vision guerrière des choses. Pour gagner une bataille, il faut absolument détruire pour mieux reconstruire. Plus il y a de dégâts causés (au monde extérieur et à nous-mêmes), plus la victoire est belle, a de la saveur et est célébrée.

Cette idéologie du tous contre de tous, de la compétition destructrice représentent ce que l’on appelle plus communément la lutte pour la dominance.

Le culte du héros, je l’ai pratiqué à outrance depuis mon enfance jusqu’ à l’âge de vingt trois ans. J’avais constamment cette soif en moi d’être le numéro un, la personne que l’on admire, que l’on respecte et que l’on craint.

Quand je pratiquais le judo, je considérais une bonne victoire quand j’arrivais à humilier mon adversaire, à le mettre au tapis le plus rapidement possible ou quand j’arrivais à lui faire du mal physiquement…

A mes débuts en musculation, je m’entraînais pendant des heures, je flirtais constamment avec les frontières du surmenage et de la blessure. Imaginez tous ces muscles acquis au prix d’efforts incroyables (et incroyablement inutiles au passage) et de sacrifices… Quel héros !

Je ne peux pas bien-sûr finir d’illustrer la profonde bêtise du culte du héros, en ne vous parlant pas du domaine professionnel.

Lorsque j’ai connu ma première vraie expérience professionnelle, je travaillais dans un grand magasin de vêtements. Nous avions une équipe très forte et quasiment tout le monde voulait obtenir le Saint Graal : un poste de manager.

Là je peux vous affirmer que si vous ne comprenez pas bien ce qu’est la lutte pour la dominance, et bien il n’ y a pas de meilleure école ! Tout le monde se mettait des bâtons dans les roues, cherchait à dénigrer auprès du patron ses adversaires et voulait prouver à quel point il était le meilleur.

Et vous savez c’est quoi le pire dans cette histoire ? Et bien c’est que j’ai fini par gagner… (enfin, je croyais à l’époque que j’avais gagné !).

Quand je repense à tout ça, à ma mentalité et à mon comportement d’avant, j’avoue que je me sens complètement ridicule. J’étais vraiment à des années lumières de la stratégie du héros chinois (incarnée notamment par Sun Tzu) que j’expérimente jour après jour dans ma vie.

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